avril
2026
Le temps de travail médical est un enjeu stratégique majeur, mais paradoxalement l’un des domaines les moins bien documentés du système de santé français. APH a été auditionné par l’IGAS et l’IGF à qui le premier ministre a confié cette mission. Voici en résumé les axes que nous avons développé pendant notre audition et dans notre contribution.
Un système de mesure obsolète et inéquitable
APH dénonce l’utilisation de la demi-journée (DJ) comme unité de mesure, car obsolète et inadaptée aux réalités actuelles. Ce système présente plusieurs failles critiques :
• Absence de durée définie : Une DJ peut varier considérablement selon les spécialités ou l’activité nocturne, dépassant parfois 6 ou 7 heures.
• Non-respect du droit européen : Le décompte actuel en DJ ne permet pas de garantir le respect de la limite de 48 heures hebdomadaires ni la traçabilité exigée par la jurisprudence.
• Paradoxe réglementaire : Un praticien peut dépasser les 48 heures de travail effectif tout en n’ayant pas accompli ses 10 demi-journées d’obligations de service.
Dégradation des conditions d’exercice
Le rapport met en évidence une pression accrue sur les médecins :
• Pression de la T2A : La tarification à l’activité valorise les actes techniques mais occulte de nombreuses missions essentielles comme la coordination, les staffs, la recherche ou la prévention.
• Temps de Travail Additionnel (TTA) contraint : Le TTA est devenu un outil d’ajustement pour pallier la pénurie médicale, souvent imposé par "auto-contrainte" et insuffisamment rémunéré par rapport à l’évolution du coût de la vie.
• Permanence des soins : Elle est devenue un facteur majeur de "fuite" des praticiens vers le secteur privé ou libéral en raison de sa pénibilité et de son impact sur la vie personnelle.
Aspirations générationnelles et perte d’attractivité
Les nouvelles générations de médecins, rejointes par leurs aînés, privilégient désormais l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Les décisions du "Ségur de la Santé", notamment sur les grilles salariales n’ont absolument pas réglé le problème de l’attractivité des carrières. Le sentiment d’être géré de manière purement comptable, comme un "pion", alimente le désintérêt pour l’hôpital public.
Pistes d’optimisation et recommandations
Pour restaurer l’attractivité, APH propose plusieurs leviers :
• Généralisation du décompte horaire : Passer au temps médical continu (TMC) pour ceux qui le souhaitent afin d’assurer une gestion plus juste et transparente.
• Valorisation du travail non clinique : Intégrer les missions d’enseignement, de recherche et de coordination dans le décompte du temps de travail.
• Délégation de tâches : Utiliser d’autres ressources humaines et l’IA pour réduire la charge administrative du travail médical actuel.
• Encadrement de l’exercice territorial : Veiller à ce que les équipes territoriales ne déstructurent pas les services et respectent la vie privée des praticiens (temps de trajet, accord préalable).
• Revalorisation conséquente de la permanence des soins en rapport avec le niveau d’activité car c’est le facteur majeur de fuite des jeunes praticiens.
APH appelle à une modernisation urgente des outils de suivi du temps de travail médical et à une protection réelle des praticiens contre des temps de travail déraisonnables pour garantir la sécurité des soins.
Retrouvez ci-dessous la contribution d’APH à la mission de l’IGAS et de l’IGF dans son intégralité (en téléchargement et en lecture embarquée) :
Contribution d’APH du 17/3/2026, Mission IGAS et IGF relative au temps de travail des médecins en ville et à l’hôpital


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